Entrepreneurs, n’ayez pas peur ! Donnez-vous le monde comme champ d’action 

Interview en exclusivité pour l'édition spéciale 

Visionnaires du 21ème siècle

avec 

​Michel Jonquères

Président de la Commission Internationale du MEDEF Île-de-France, Président du MEDEF Val-d’Oise, Vice-président du

Comité CCE Île-de-France

by Ingrid Vaileanu 

Interview Francophone : Quel est le rôle de la Commission internationale MEDEF au 21e siècle et quels sont vos objectifs qui vous tiennent à cœur ?

 

Michel JONQUÈRES : La Commission internationale a comme objectif :

 

1)    d’informer les exportateurs sur les aides qu’ils peuvent avoir de la part de tout l’écosystème d’appui aux entreprises, exportatrices ou en volonté de le devenir : les Teams France Export publiques (Business France en binôme avec les CCI, Bpifrance export, les douanes, les CCE) ou privées (les banques, les OSCI qui sont les opérateurs spécialisés en commerce international, Stratexio qui est un organisme de formation à l’international, etc.).

 

2)    de sensibiliser les entreprises non exportatrices à « se donner le monde comme champ d’action ». À cet effet, nous organisons des « petits déjeuners pays » comme Israël, mais il y eut aussi le Vietnam, les USA, le Japon, le Mexique... avec l’ambassadeur du pays en France ; ainsi que des manifestations plus importantes sur plusieurs pays en soirée (6 ou 7 !) avec, pour chaque pays présenté, l’intervention d’un binôme : l’ambassadeur du pays en France et un entrepreneur qui s’est implanté avec succès dans le pays ciblé.

 

Interview Francophone : Quelles sont vos meilleures expériences qui encouragent la collaboration internationale et renforcent le rôle du MEDEF pour le développement des entreprises ?

 

Michel JONQUÈRES : Les 4 000 CCE (Conseillers du commerce extérieur de la France) dans 145 pays, qui sont des entrepreneurs avec une forte connaissance du milieu économique des pays où ils vivent, ou ont vécu, ont les meilleurs témoignages à raconter, et ils sont des parrains naturels d’entreprises membres des MEDEF territoriaux qui désirent se développer hors des frontières.

 

Le MEDEF International, par ailleurs, organise en continu, tout au long de l’année des voyages dans de nombreux pays pour permettre aux entreprises intéressées de partir en groupes avec le soutien d’une organisation, avant qu’elles ne déploient par la suite leurs propres ailes !

 

Interview Francophone : Comment envisagez-vous développer les collaborations franco-israéliennes ?

 

Michel JONQUÈRES : La meilleure façon est d’aller dans le pays, en délégation ou seul, avec l’aide de Business France ou des CCE, et surtout de participer à des salons spécialisés pour trouver un ou des partenaires dont le professionnalisme est reconnu.

 

Interview Francophone : Quelle est votre devise pour réussir les objectifs et aider les entreprises à réussir les leurs ?

 

Michel JONQUÈRES : Entrepreneurs, n’ayez pas peur ! Donnez-vous le monde comme champs d’action !.. Car tout produit de qualité, innovant ou banal, est exportable mais il y faut toujours de l’innovation commerciale, de l’adaptabilité et de la volonté du chef d’entreprise à se développer, ceci quel que soit la taille de l’entreprise, mais avec une organisation adaptée : parmi les 125 000 exportateurs français, il y a 85 000 TPE ! Les Allemands disent : nous réussissons à l’export pour trois raisons : 

1)    le Made in Germany qui est devenu symbole de qualité et fiabilité ;

2)    nous perfectionnons le banal ;

3)    nous valorisons l’échec utile...

 

Notre Made in France est bien accepté dans le monde, où beaucoup de produits innovants et surtout banals adaptés sont exportés (confitures, fromages, eaux minérales, habits, cosmétiques, tous ayant une marque pas toujours connue !). Il suffit que le double d’entreprises non exportatrices se prennent en mains pour exporter puis s’implantent dans de nombreux pays, avec toutes les aides apportées par les institutions citées au début de cette interview, car la France est un des pays qui aide le plus ses exportateurs en restant un des pays où il y a le moins d’exportateurs.

 

Or, aller hors des frontières, c’est voir les innovations avant qu’elles ne viennent nous concurrencer sur notre propre territoire et c’est se donner évidemment le maximum de potentielles parts de marché pour assurer croissance et pérennité. Parmi les 200 pays au monde, il en y a toujours quelques-uns où la concurrence pour un produit donné n’est pas exacerbée, qui peuvent pour un néo exportateur être les premiers territoires d’actions.

 

Interview Francophone : Quel conseil avez-vous pour les générations du 21e siècle concernant la collaboration internationale ?

 

Michel JONQUÈRES : Aimez le monde, les consommateurs de tous pays : n’ayez pas peur d’affronter la concurrence, sachez souvent la contourner avec des partenaires locaux qui vous apprendront à comprendre et à aimer les cultures diverses.

 

Soyez des aimants qui attirent parce qu’ils aiment. Allez dans le monde sans arrogance mais avec persévérance pour prendre le temps de bien comprendre vos clients potentiels afin qu’eux-mêmes aient confiance en vous. Car partout c’est la confiance qui fait la réussite commerciale, confiance envers vos clients et confiance de vos clients potentiels ou acquis envers vous, du fait de votre professionnalisme et de votre réactivité à comprendre les besoins des clients potentiels et à les satisfaire.

Qualité des produits et des relations humaines, persévérance, connaissance des cultures, empathie, amour des parties prenantes sont les qualités maitresses d’une réussite internationale.