Une femme brillante qui met le monde au cœur de la mode !

 

 

Interview avec 

Djamila Kerdoun

Co-fondatrice du Sommet International de la Mode

Fondatrice et directrice de DK Ambassador

L’Interview de Djamila Kerdoun a été seclectionné pour l’éditon speciale 2019 Visionnaires du 21e siècle

by Ingrid Vaileanu et PhD. Florin Paun  

Interview Francophone : Comment avez-vous conçu et développé cet évènement devenu incontournable en quelques années seulement? 

 

Djamila Kerdoun : En tant que Fondatrice de la société DK AMBASSADOR et du sommet International de la mode, j’ai acquis plus de douze ans d’expérience  à Paris et à l’international dans le domaine du tourisme de luxe et de la mode, ayant obtenu un master en marketing management et communication au CNAM, j’ai toujours été une chasseuse de tendances et j’aime sortir des sentiers battus. Mes maîtres mots sont d’ailleurs et toujours dans mon esprit d’entrepreneuse « Innovation, inspiration et création.

Mon engagement a été tout d’abord auprès des femmes dans leur évolution professionnelle et personnelle.

A 44 ans trilingue (français, anglais et arabe), mère de 4 enfants j’ai toujours travaillé pour des entreprises internationaux. Je me suis lancée dans divers projets liés au tourisme de luxe et à l’évènementiel dans les pays du Golfe dans un premier temps et ensuite dans d’autres pays étrangers. Ma passion pour le tourisme de luxe, la mode et mes expériences  m’ont naturellement amenées à fonder l’agence évènementielle, DK Ambassador et divers projets évènementiels tels que le sommet international de la mode (SIM) en 2017 à la suite du forum de la mode. C’est ainsi que début octobre la quatrième édition du sommet international de la mode a eu lieu dans un cadre prestigieux « l’hôtel le Meurice ». Il a toujours été important pour moi de promouvoir nos talentueux créateurs. Le but est de valoriser l’excellence en France puis à l’étranger afin de créer des ponts et une vrai dynamique.

Mettre les talents du monde entier tel est notre objectif, les mettre en lumière, les soutenir et les accompagner afin de leur donner plus de visibilité sur la scène internationale de la mode.

Aujourd’hui, grâce au sommet international de la mode, la fine fleur des créateurs internationaux et français sont réunis pour présenter leur création. Faire le pont entre la France et le reste du monde et créer un fort réseau est notre volonté. 

 

Interview Francophone : Quel est le rôle de la mode et de l'art dans la société du 21e siècle et comment peut-on impliquer les consommateurs comme acteurs mais aussi comme auteurs à travers les solutions de personnalisation mais aussi de promotion partagée sur les réseaux sociaux des marques, modèles, solutions de production et consommation responsable des produits de la mode? 

 

Djamila Kerdoun : Le luxe incarne la tradition, le savoir-faire, les matières précieuses. Il symbolise la rareté et la cherté. Il appartient aussi, surtout pour la couture, à un monde encore très largement artisanal qui s’appuie aussi sur un vaste réseau de fournisseurs, souvent uniques.  De nombreux autres métiers contribuent aussi à la haute couture : des modistes aux plumassiers, des fabricants de boutons ou d’éventails… L’industrie, surtout en ces temps de développement économique fort, évoque au contraire la production en séries les plus longues possible, la diffusion la plus large, le bas prix, en un mot la « quantité industrielle » pour ne pas dire la production de masse. L’enjeu est donc, pour l’industrie du « luxe », de réussir cette figure de grand écart qui consiste à maintenir les traditions et les savoirs en intégrant de nouveaux procédés de fabrication, et surtout, en produisant en série. Selon les secteurs, le passage se fait alors avec plus ou moins de réussite et avec des méthodes différentes.

 

Les arts de la mode sont les principaux bénéficiaires de la croissance économique. S’appuyant sur l’exemple des expériences réussies, comme celle de Chanel, ou ratées, comme celle de Paul Poiret, de nombreux jeunes créateurs fondent alors leurs maisons, souvent avec le soutien de quelques grands entrepreneurs.

La plupart des marques de luxe développent leur marque sur la base de la rareté.

 

L’industrie du luxe, telle qu’elle se définit aujourd’hui, me paraît très éloignée d’une définition qui qualifierait le luxe d’alliance complexe du brio et de la somptuosité dans la production d’objets dont la fabrication comme la distribution sont spécifiques.

Déjà en 1989 le Président délégué du Comité Colbert tentait une définition du luxe qui s’adapte à notre époque : « Une industrie du luxe se caractérise par six points : une appréhension nécessairement internationale de tous les aspects du management ; des produits de qualités ; une image forte et cohérente, souvent à connotation culturelle proche de l’art de vivre ;une accessibilité en terme de prix au grand public ; une créativité sans cesse renouvelée ; une distribution parfaitement choisie, contrôlée et gérée » Elle est prisonnière d’une démarche marketing pour laquelle seule l’image compte.

Il devient important, selon le discours marketing du moment, de proposer au client une offre globale. C’est-à-dire qu’il n’y a plus désormais d’orfèvre, de porcelainier ou de cristallier. C’est le triomphe de la griffe sur le savoir-faire.

 

Interview Francophone : Quelle est votre plus belle expérience dans ce domaine ou le moment le plus extraordinaire vécu dans ce contexte de création et de la mode ?

 

Djamila Kerdoun : Je dirai que chaque édition a été une expérience formidable, celle de comprendre les différentes cultures et les richesses apportées par chaque créateur. Celle aussi de fédérer une équipe autour d’un projet qui nous tient à cœur. C’est la richesse humaine et culturelle qui sont les éléments clés et nos forces afin de faire de cet évènement un succès à chaque moment.

L’humain est au cœur des réussites et du succès car sans l’humain il n’y a rien. Nous sommes passionnées par ce que nous faisons et chaque préparation, chaque édition a été de grand moment pour nous car nos rencontres s’enrichissent d’édition en édition, je pourrai dire aussi de jours en jours car nous essayions de développer sans cesse en France et à l’étranger à travers nos différents déplacements des relations de partenariat. Nous avons la chance de faire un métier qui nous passionne et que nous vivons pleinement à chaque instant.

Interview Francophone : Comment envisagez-vous les changements dans le domaine et système de la mode, dans le business modèle? 

 

Djamila Kerdoun : Il me paraît tout d’abord indispensable de distinguer deux phases qui relèvent de problématiques différentes : d’une part, l’émergence de la création et, d’autre part, la transformation de cette création en marque émergente. La création émerge en France de manière relativement aisée car les talents ne manquent pas. Qui plus est, Paris attire les talents grâce à ses écoles, à sa Fashion Week. Au-delà, la France dans son ensemble offre un réseau remarquable de savoir-faire. De plus, la mondialisation favorise les villes-mondes qui concentrent les populations, attirent les capitaux et renforcent leur influence culturelle.

Des efforts considérables sont en réalité nécessaires pour créer un écosystème favorable depuis le financement par des business angels jusqu’au rôle joué par des institutions comme celle des compagnons. En parallèle, notons que plusieurs tendances globales sont actuellement favorables à l’émergence de nouvelles marques. En effet, la mode, au-delà de la création et du produit, se développe au cœur d’une culture qui, en France, s’institutionnalise. La mode est ainsi devenue une forme de soft power, chaque pays voulant organiser sa propre Fashion Week. Tout soft power se structure à partir d’une avant-garde, dont Paris fait partie. Une autre tendance forte est perceptible à travers la mondialisation dans le retour du local. Ainsi, aux côtés des marques mondiales, il existe une place pour les marques de niche. Par ailleurs, se développe également une tendance à la slow fashion, en opposition à la fast fashion. Nous aspirons à ne plus épuiser les ressources mondiales. Enfin, nous vivons un changement d’échelle industrielle. De la reproduction à la chaîne en grande quantité, nous passons à la smart industry qui, sans abandonner le modèle classique, associe création et technologie et, grâce aux NTIC, permet une adéquation plus fine entre l’offre et la demande. Ce nouveau type d’industrie permet de développer des business models de niche non plus seulement au niveau local mais également au niveau global puisque certaines marques émergentes réussissent de concert dans plusieurs grandes villes.

Interview Francophone: Quel rôle joue le sommet international de la mode dans cet écosystème ?

Djamila Kerdoun : Nous développons des partenariats avec des écoles de mode à Paris (ESMOD, IFM, STUDIO MODE). L’approche Du sommet international de la mode est principalement fondée sur l’interaction entre le management et la création. Nombre de nos jeunes talents contribuent à la distribution et à l’émergence de nouvelles marques. De nombreux projets collaboratifs avec des entreprises (joaillerie, chaussure, maroquinerie, etc.) permettent, notamment aux designers, de mieux prendre en compte les contraintes extérieures de prix, de marketing, de techniques et de mise en production. En outre, l’accent est mis sur la valorisation de l’entrepreneur avant le créateur en tant que tel. Je voudrais conclure en mettant en avant la création du sommet international de la mode sur son environnement. Trop souvent, les jeunes créateurs doivent emprunter un véritable chemin de croix et ne sont pas suffisamment mis en relation avec les professionnels du secteur de la mode. Cependant, une structure comme le sommet international de la mode à Paris soutient le développement de jeunes marques en jouant le rôle d’incubateur et d’accompagnateur. La plupart des créateurs que nous accompagnons se tournent vers nous à la suite d’une expérience professionnelle auprès d’une grande marque. Notre rôle consiste alors à les orienter vers les bons interlocuteurs. C’est la raison pour laquelle nous construisons des partenariats. Dans cet esprit, nous avons travaillons en étroite collaboration avec la Fédération Française du Prêt-à-Porter féminin et de haute couture. Parallèlement, d’autres intervenants professionnels jouent également un rôle de relais. L’Evénement se développera de plus en plus car nous souhaitons donner de plus en plus accès à un réseau international et comptons organiser des conférences et colloques qui permettent aux différents acteurs d’entrer en relation.

 

Interview Francophone : Quel est votre conseil pour les générations du 21e siècle surtout dans le contexte actuel des enjeux du climat ?

 

Djamila Kerdoun : Nous observons une évolution de ce qu’on appelle « le luxe du 21ème siècle ». Pour nous il est évident que le nouveau luxe va au-delà de la qualité de base sur des valeurs, du respect, de l’émotion et de l’innovation. Le nouveau luxe va au-delà de la qualité et se base sur des valeurs.

La question du développement durable n’est plus une tendance comme il y a dix ans, c’est désormais un vrai sujet de fond pour toutes les marques. Dans une marque internationale, le développement durable ce n’est pas juste « l’environnement, les changements des fournisseurs et les matières premières », mais c’est aussi « la gestion des énergies dans des dizianes et des dizaines de magasins, le recyclage, les livraisons, le stockage, la communication, l’évènementiel, le travail titanesque du management social et ethique comme nous le pratiquons nous-mêmes durant l’organisation, et la préparation du sommet international de la mode.

Le développement durable est une obligation de nos jours mais surtout une opportunité pour les marques. L’opportunité car c’est avant tout renouer avec la notion pionniers et d’innovations. Surtout c’est l’occasion de créer une conversation avec son consommateur sur des sujets universels. Les valeurs et les vertus que véhiculent le développement durable font des frontières, des segments, des âges, d’une culture ou d’un niveau social. C’est la puissance même du message du développement durable. Qu’une marque qu’on aime, qui représente le beau, et le rare embrasse des valeurs universelles qui sont liées à l’humain, à l’éthique, au respect, à l’environnement, c’est quelques chose qui va désormais de soi et ce que nous même pratiquons et qui est au centre de nos préoccupations au quotidien. Ce qui caractérise les valeurs de notre entreprise DK AMBASSADOR sont « humanité, innovation, diversité, créativité, authenticité et éthique ».