Interview Francophone

Le journal des cadres et étudiants multiculturels

The journal of Multicultural professionals and  students

 

 

 

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  • Alexandru Nicolae Denes, une légende roumaine qui s'escrit à Moulin Rouge!

    Le Principal du plus connu cabaret du monde, le Moulin Rouge, est en train de devenir une legende vive du succes multiculturel à Paris.


    Le spectacle de Moulin Rouge - "Féerie" - composée d’une troupe de 100 artistes, dont les 60 Doriss Girls recrutées dans le monde entier est d'ailleurs un exemple extraordinaire de valorisation et respect de la diversité des talents ce qui donne une valeur encore plus grande à ce lieu magique à Paris.

    "Etre "Principal" signifie plutot de la responsabilité que d'être star du spectacle. On doit être conscient qu'on doit absolument mériter sa place et être capable de créer une atmosphère propice pour le travail d'équipe et pour l'épanouissement de chacun et chacune des danceurs." déclare avec modestie Alexandru Nicolae Denes.

    "Il y a un esprit de compétition permanente parce que mes collègues danseurs de Moulin Rouge sont bien préparés et talentueux. Cela nous pousse chacun à nous dépasser nous-mêmes mais aussi à travailler ensemble pour le succès du spectacle chaque soir et que le meilleur soit reconnu par tous", ajoute-il.


    Alexandru Nicolae Denes est d'origine roumaine et très fier de son père, l'un des plus respecté membre du groupe chorégraphique de l'Opéra roumaine de Bucarest ou Alexandru a aussi travaillé deux ans comme danseur classique avant de commencer sa carrière en Europe. Absolvent du Lycée de chorégraphie George Enescu à Bucarest, Alexandru reconnaît que l'école roumaine de danse lui a offert des bonnes bases pour réussir en Europe mais qu'il a beaucoup appri lors des spectacles en Allemagne et Corée de Sud et surtout pendant les derniers 9 ans à Moulin Rouge. "Le succès dans la carrière d'un danseur se traduit surtout par le plaisir de danser et la volonté de partager ce plaisir avec le public. Mais pour atteindre ce stade, le talent ne suffit pas mais il faut énormément de travail et discipline" avoue Alexandru.

    En 2009 le spectacle "Féerie" célèbre 10 ans de succès qui font que pendant les deux représentations chaque soir, la salle de 800 places est remplie et les applaudissements du public du monde entiers confirment le talent des danseurs de Doriss, des chanteurs et des acrobates.
    Ce public se laisse emporté par la magie des 1 000 costumes de plumes, de strass et de paillettes réalisés dans les ateliers parisiens les plus renommés, de décors somptueux aux couleurs chatoyantes et aux dessins uniques fabriqués par des artistes italiens, des meilleures attractions internationales aux numéros exceptionnels, du retour tant attendu de l’Aquarium géant … sur une musique originale enregistrée par 80 musiciens et 60 choristes.

     

    Cette année en février le spectacle de Moulin Rouge sera aussi présent au Carnaval de Rio avec ses artistes et un savoir-faire unique.

    On attend que le talentueux roumain devienne le Principal du nouveau spectacle Moulin Rouge qui commence en fin 2010 et qui est en train d'étre préparée.

    "Mon nouveau défi est le nouveau spectacle que je vais voir naître et je compte contribuer à son succès. Pour un danseur, participer au lancement d'un nouveau spectacle est la plus belle aventure de sa carrière parce que tout est fait "à sa taille": des costumes, la chorégraphie, la musique." explique avec passion et sens de responsabilité Alexandru.

    En dehors de sa beauté physique, qu'on retrouve à chaque danseurs et danseuse à Moulin Rouge, Alexandru Denes, un jeune de 32 ans, s'impose comme une personnalité rayonnante et charismatique qui cherche plutôt à promouvoir le succès commun des artistes de Moulin Rouge dans un esprit d'équipe et de partage.

    Quand Alexandru est arrivé il y a 9 ans, avec d'autres amis roumains, pour une audition à Moulin Rouge l'image de la Roumanie était encore ternie par les images du fin du communisme ou des problèmes politiques et économiques dans ce pays francophone.

    La legende du premier roumain Principal à Moulin Rouge commençait déja en 2000 et elle continue aujourd'hui avec une grande attente pour le nouveau spectacle et avec l'image de Alexandru Nicolae Denes qui réussi à inspirer pas seulement son public et ses collègues mais aussi les futures générations de danseurs.

    "Je dirait qu'une carrière de danseur tiennent de trois paramètres essentiels : le travail, un peu de chance et le plaisir de danser et de partager ce plaisir avec le public!" ajoute Alexandre et à le voyant sur la scène, on dirait que c'est là le secret de la potion magique d'une vrai légende qui s'écrit sur la scène de Moulin Rouge à Paris.

     Article repris par L'agence de presse francophone www.mediaf.org

  • Henri Chapier et les vrais liens franco-roumains

     

     

     

     

     

     

     

     

    Interview avec Henry Chapier, Président de l'Institut pour le dialogue des cultures et auteur du film documentaire "Printemps Roumains" qui fait une vrai fresque des mentalités des roumains dans le moment de l'intégration de la Roumanie à l'Union européenne.

    Interview Francophone: Quelle est l’histoire de votre relation avec la Roumanie ?


    Henry Chapier: Mon père – avocat international détaché auprès de la Légation de France dans les années 30 – se trouvait à Bucarest pour établir les contrats franco-roumains pour la Compagn

    ie Française des Pétroles, et d’autres sociétés collaborant à l’installation du réseau téléphonique roumain de l’époque. De ce fait, je suis né à Bucarest, où mes parents sont revenus de Vienne vers 1938 pour d’autres missions.En 1946, mon père a été chargé de défendre les terrains de l’Ambassade et de régler le problème des indemnités dues par le gouvernement roumain jusqu’à l’arrivée des communistes au pouvoir.Pour ma part, je suis parti pour mes études à Paris.En 1973, je suis revenu en Roumanie comme journaliste, envoyé spécial de « Combat » pour le voyage officiel de Giscard d’Estaing. En 1992, je suis venu tourner pour France 3 une émission de 52 minutes intitulée la Roumanie en analyse.J’ai égalemen

    t réalisé « le Divan » de Petre Roman, et plus tard celui de l’ambassadeur roumain à Paris M. Paleologlu.Enfin, le Printemps roumain que vous avez vu, et que j’ai réalisé en Juin 2006 pour T.V.5. et « Public-Sénat » a été diffusé au moment de l’adhésion de la Roumanie à l’Union Européenne fin Décembre 2006.

    Interview Francohone: Comment résumez-vous l’évolution des mentalités roumaines ?


    Henry Chapier: Après la chute du mur de Berlin, l’aspiration de la jeunesse roumaine à une vie libre et plus stimulante sur le plan économique a changé le climat de résignation d’avant.Il reste que pour une grande partie de la population, l’inégalité économique demeure, et qu’il y a désormais une seule référence, à savoir l’argent.

    Interview Francophone: Qui sont, pour vous, les Roumains et quelle compatibilité et différence avec le projet européen ?

    Henry Chapier:Trop fascinés par le modèle américain, les Roumains ont parfois livré leurs ressources aux sociétés étrangères qui leur ont apporté le « know how ».Le problème de la corruption n’est pas encore réglé, ce qui inquiète l’Union Européenne.

    Interview Francophone: Quelle est l’image européenne des Roumains et  comment a-t-elle évolué les derniers temps ?

    Henry Chapier: Les médias occidentaux ont trop tendance à souligner les aspects négatifs, notamment dans le domaine social, et l’ignorance des journalistes conduit l’opinion à confondre les Roms et les Roumains.

    Interview Francophone: Pouvez-vous donner un conseil pour les cadres roumains en France et pour ceux qui sont en Roumanie et veulent partir en Europe ? Quel conseil avez-vous pour les Français qui sont en Roumanie ?

    Henry Chapier: Les cadres roumains compétents vont être tentés par un retour au pays, si les salaires augmentent. Ceux qui sont décidés à venir en Europe doivent savoir que l’on exige un haut niveau de qualification. Pour les Français à la tête de sociétés installées en Roumanie, le problème de la délocalisation se posera d’ici quelques années en raison de la concurrence des pays asiatiques dont la main-d’œuvre est à plus faible coût. Autrement dit, plus le niveau économique du pays se rapprochera de l’Occident, moins l’idée de venir s’installer en Roumanie paraître profitable...

    www.dialoguecultures.org

     

  • Pierre Moscovici, un roumain important en Europe!

     

    IF : Comment vous définissez vous-même?
    Pierre Moscovici : Un homme dévoué au service public.
     
    (l'interview en intégralité) 
  • Abdou Diouf, pour mieux comprendre la francophonie

    "La Roumanie joue un rôle très important dans la promotion de la Francophonie, d’autant plus qu’elle se prépare activement à rejoindre l’Union Européenne et nous nous en réjouissons. Je tiens à souligner qu’en 2007, avec l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’UE, nous aurons treize pays membres de l’Organisation internationale de la Francophonie représentés dans les institutions européennes. Nous avons besoin de la Roumanie et comptons énormément sur elle pour nous aider à faire face aux menaces qui pèsent sur le français, et aux risques auxquels se trouve confrontée la diversité culturelle et linguistique dans cette région du monde. La diversité linguistique devient l’un des combats majeurs de ce siècle nouveau. Un combat qui devra influer sur l’évolution de la mondialisation. Un combat dont dépendra le rayonnement de notre langue."

    (l'interview en intégralité)

  • Quand on rencontre Georges Fischer


    "Français, né en Roumanie, dans une famille hongroise, imprégné de culture juive : le parfait européen !"

     

    (l'interview en intégralité) 

  • La culture avant tout! Interview avec Magda Carneci, directrice de l'Institut Culturel Roumain à Paris

     

    En tant qu’intellectuelle roumaine vivant en France, je me vois comme « passeur de spiritualité » depuis la Roumanie vers la France et comme « passeur de rationalité » depuis la France vers la Roumanie. En tant que diplomate en charge du domaine culturel, je pourrais me définir comme « médiateur » entre deux espaces nationaux très différents l’un de l’autre et  pourtant complémentaires, qui pourraient s’enrichir réciproquement en vue d’une possible synthèse européenne. En tant que poète, je me perçois plutôt comme une sorte d’«illimiteur (ou révélateur) de conscience ». 

    (l'interview en intégralité)

  • Le roumain à Paris avec une stratégie "béton"!
    Interview avec Dan Cheroiu, Directeur Marketing
    LAFARGE CIMENT

    "Je suis quelqu’un orienté vers des résultats, flexible, ouvert et direct mais aussi quelqu'un qui aime travailler en équipe."

    (l'interview en intégralité)
  • Veni, vidi, vici!
    Interview avec Adrian Mircea, Superviseur, Direction Centrale de l’audit, RENAULT


    "J’ai eu la chance d’étudier à la Faculté de Droit de l’Université de Bucarest, auprès de laquelle il y a une filière francophone – le Collège juridique franco-roumain d’études européennes – où j’ai étudié en français pendant quatre ans. J’ai été donc plus ou moins destiné à poursuivre mes études en France à la fin des quatre années de droit (roumain, français et européen)."

    (l'interview en intégralité)
  • Un francais d'origine roumaine aux premières loges de l'innovation européenne

    Interview avec Robert Havas, CEO de l'Agence de l'Innovation Industrielle (AII)


    “Ce qui compte c’est la RESILIENCE.
    Il n’y a pas d’échecs, il n’y a que des sources d’apprentissage”

     

     

     

     

     

    Robert Havas, d’origine roumaine, a été nommé à la tête de l’Agence de l’Innovation Industrielle (AII). Personnalité bien connue chez Matra et Thomson, on sent la détermination et la volonté affirmée en même temps qu’une grande modestie face à sa réussite.
    L'Agence de l'Innovation Industrielle (AII) a été créée le 25 août 2005 pour susciter, promouvoir et soutenir de grands programmes d'innovation industrielle, avec deux objectifs : les emplois hautement qualifiés et les exportations. En effet, plusieurs rapports confirment qu’il existe un risque sérieux de perte de positions industrielles pour la France et l'ensemble de l'Europe, sous l'effet conjoint de la concurrence traditionnelle des grands pays développés, tels que les États-Unis d'Amérique et le Japon, et des économies émergentes comme la Chine et l'Inde.
     
    IF: Robert Havas, quel est votre challenge en ce moment ?
     
    Robert Havas: A la suite du rapport “Pour une nouvelle politique industrielle” daté du 15 janvier 2005, issu des travaux d’un groupe de travail animé par M. Jean-Louis Beffa,  le Président de la République, Jacques Chirac, a décidé de créer l’Agence de l’Innovation Industrielle.
    L’objectif est de lancer de grands programmes structurants, à l'image de ce que furent, entre autres, Airbus, Ariane, le nucléaire, le plan calcul, le TGV, le Minitel et le téléphone, mais selon des modalités adaptées au contexte actuel.  
     L’Agence de l’Innovation Industrielle a déjà une activité intense. A mon arrivée, l’Agence venait de naître et il a fallu tout créer.
    Le challenge est de nature structurelle. Dans la recherche, il y a un déséquilibre entre privé est public. Nous sommes là pour aider la recherche privée. Les PME françaises doivent se développer et grandir également. Notre but est d’associer les PME à de grands projets en les aidant, en les accompagnant. En Allemagne, par exemple, les sociétés allemandes sont de taille moyenne et s’exportent très bien. On veut encourager aussi le développement de la recherche locale et le partenariat avec les autorités locales.
     
    IF: L’Europe est confrontée depuis plus de 12 ans à une immigration clandestine venue de l’Europe de l’Est après la chute du communisme. Les Etats Unis et le Canada, par contre, ont attiré pendant la même période “les cerveaux roumains” qui arrivent à créer une image de la Roumanie à l’étranger différente de celle des européens. Quelle est votre opinion sur le sujet de l’immigration en Europe (élargie) et quel est le rôle des cadres roumains biculturels en France ?
     
    Robert Havas: La plupart des pays de l’Est intègrent l’Union européenne progressivement. Une grande partie du problème que vous évoquez sera traitée dans ce cadre-là et trouvera sa résolution dans cette intégration. Par ailleurs, il y a des roumains remarquables en Europe. Je pense, par exemple, à Radu Popescu-Zeletin  dans la recherche des télécoms en Allemagne.
    La France a une vocation universaliste que j’apprécie. La France est d’ailleurs un compétiteur des Etats Unis dans le domaine de l’innovation.
     
    IF: Qu’est-ce que vous pensez du fait qu’en Europe de l’Est il y a peu de PME françaises en comparaison avec celles allemandes ou italiennes?  Quelle est votre vision optimiste personnelle pour le futur de la Roumanie ?
     
    Robert Havas: On aime la France mais on fait les affaires avec l’Allemagne C’est la situation dans toute l’Europe de l’Est.
    La Roumanie est un pays où l’on va encore chercher une main d’œuvre moins chère. Il n’y a pas d’économie de marché mais c’est un pays qui se développe à grande vitesse. La Logan est un bel exemple de réussite.
    Une agence d’encouragement à l’innovation serait une idée  pour générer des petites sociétés et des réseaux d’innovation plus importants.
    Les Roumains installés à l’étranger pourraient être intéressés à ce qu’on leur propose des projets concrets dans leur pays.
    Une bonne utilisation des fonds structurels aidera également la Roumanie à se développer. On a besoin de directeurs de projet pour pouvoir les gérer avec efficacité. Les personnes formées à l’étranger  pendant toutes ces années seront très utiles.
     
    IF: Est-ce que c’est une bonne chose d’émigrer?
     
    Robert Havas: Je ne peux parler que de moi. En 1962, c’était une époque différente. L’intégration était plus difficile à cause de la méfiance vis-à-vis des pays de l’Est. On venait du pays de Ceausescu. Maintenant les Roumains sont perçus comme sympathiques. Et dans le cadre de la construction européenne, les problèmes ne se posent plus en ces termes.

    IF: La Roumanie est un pays francophone. Le Sommet de la Francophonie est organisé en septembre 2006 à Bucarest, pour la première fois en Europe de l’Est. Quel est le rôle de la Roumanie dans la promotion de la francophonie dans la région ?
     
    Robert Havas: Tout dépend de ce que l’on entend par francophonie. Pour moi, il s’agit du rayonnement de la France sur le plan linguistique mais aussi sur le plan des affaires ou dans le domaine culturel La francophonie concerne tous ces domaines.
     
    IF: Il y a des personnes qui trouvent leur modèle de vie dans d’autres personnes, des personnalités disparues ou membres de la famille ou mêmes des personnages de livres ou des films. Quelles sont les personnes qui vous ont guidé dans vos choix ou que vous appréciez tout simplement ?  
     
    Robert Havas: Plusieurs chefs d’entreprise m’ont inspiré dans ma vie professionnelle. Mais Jean Luc Lagardère occupe une place privilégiée. Il me manque beaucoup.
     
    IF: Qu’est-ce que votre job devrait vous offrir pour que vous puissiez le qualifier d’idéal pour vous ?  
     
    Robert Havas: De façon générale, l’idéal est de pouvoir s’oublier dans le travail, quand on ne regarde plus l’heure... ou quand on prend du plaisir à travailler même le dimanche et que l’on reprend le lendemain avec le même enthousiasme pour faire avancer les choses.
    J’ai eu de grands bonheurs dans le domaine professionnel. Je suis fier, par exemple, d’avoir installé le premier microprocesseur dans un satellite. Les années ’70 voyaient le début du numérique, une vraie rupture technologique dans le domaine de l’espace.
    A l’AII, j’ai la chance d’être entouré de vraies  personnalités qui travaillent dans un esprit de collégialité et  d’ouverture d’esprit. L’idéal, avoir une vision et qu’elle se réalise !

  • Bucarest, le dégel: Mirel Bran



    IF: Quelle est votre image de la Roumanie, des Roumains et du développement économique de ce pays ?
     
    J’ai plusieurs images de la Roumanie : le pays de mon enfance, celui de mon adolescence, celui des années 1990 et enfin celui d’aujourd’hui. Bref, j’ai plusieurs Roumanie en tête. Aujourd’hui, il y a le pays que je traite dans mes articles et le pays que je redécouvre d’une manière plus personnelle. Dans l’actualité quotidienne et hebdomadaire nous sommes prisonniers des sujets qu’on appelle « chauds ». Le découpage de la presse quotidienne et hebdomadaire ne te permet pas d’approfondir un sujet. Pourtant, la Roumanie que je redécouvre aujourd’hui dans mon histoire personnelle avec ce pays est assez complexe, fascinante, exaspérante et imprévisible.
     
    J’aime les Roumains qui savent se respecter. Je n’en ai pas rencontré beaucoup. J’ai l’impression que le communisme a détruit le tissu social de ce pays et que les gens ont été transformés en légumes. Heureusement que nous assistons à un changement de générations qui apporte un souffle nouveau à ce pays. La génération de mes parents ne peut plus intégrer le monde d’aujourd’hui, ma génération a été marquée par des modèles plutôt hystériques, des figures publiques provinciales qui n’ont jamais su vaincre leurs complexes face à l’Occident qui les fait rêver et qu’elles détestent en même temps. Ma génération n’a rien compris ni de ce qui se passe en Roumanie ni de ce qui se passe ailleurs. Heureusement qu’on vieillit tous et qu’on laisse la place à d’autres.
     
    Le développement économique du pays est évident et de plus en plus visible. Je crois que le vrai boom économique sera entamé à partir du 2007 lorsque la Roumanie sera membre à part entière de l’Union européenne. Ce pays va se développer à une vitesse qui va d’abord étonner les Roumains eux-mêmes. Quand on part de très bas, l’élan est à la mesure de la distance qu’on a à parcourir. La Roumanie sera la flèche la plus intéressante de l’Europe de l’Est.
     
    IF: Quels conseils donneriez-vous aux Roumains ? Et aux Européens ?
     
    Les Roumains doivent apprendre à se respecter et à respecter les réussites des autres. L’ancrage occidental va leur apprendre la discipline, la persévérance et la gestion de projets à long terme. Mon conseil est très simple : agissez aujourd’hui en vous projetant sur vingt ans, oubliez le réussite facile et immédiate car elle n’est qu’illusion. Croyez à ce que vous faites et faites-le avec passion et patience.
     
    Les Européens de l’Ouest sont loin d’avoir découvert et compris la Roumanie. Ils sont prisonniers d’un certain nombre de clichés médiatiques. Mais depuis quelques années il y a de plus en plus d’Européens qui s’installent définitivement à Bucarest. Ces gens seront les vrais avocats de la Roumanie. Le conseil que je donnerais à un Européen : soyez curieux, oubliez ce que vous croyez savoir sur les pays de l’Est et allez-y les découvrir maintenant, en pleine effervescence.
     
    IF: Qui est Mirel Bran et qu'apprécie-t-il le plus dans son métier ?
     
    Je suis ce que je fais de moi tous les jours et il a de bons jours et de mauvais jours. J’apprécie beaucoup mon métier parce qu’il me permet de rencontrer des gens très divers dont une partie m’ont marqué à vie. Souvent, après une rencontre privilégiée, on a le sentiment qu’on est moins cons. Et ça compte beaucoup dans la vie. J’aime aussi raconter des histoires et c’est exactement ce que mon métier exige de moi.
     
    IF: Quelle opinion avez-vous sur la presse en Roumanie ?
     
    Très mauvaise. Au point que je ne veux même pas en parler.
     
    IF: Qu'on-t-il en commun vos amis et comment un Roumain pourrait-il lier une amitié avec vous ?
     
    Mes mais sont en général des gens indépendants qui ont construit des projets intéressant à partir de pas grand-chose ou de rien. Ils se sont surtout construits des vies qui me donnent envie de les prendre comme modèles, d’aspirer à me reconnaître en eux. Je ne sais pas comment un Roumain ou pas Roumain pourrait lier une amitié avec moi. Je ne crois pas que l’amitié est quelque chose de volontaire, c’est une des colonnes vertébrales de la vie dont l’alchimie nous échappe. J’avoue qu’avec l’âge je préfère les amitiés qui ont une histoire mais la vie nous réserve toujours des surprises.
     
    IF: Que nous fait-il découvrir votre livre sur le Roumanie? Et de la personnalité de Mirel Bran ?
     
    Mon livre « Bucarest le dégel », publié aux éditions Autrement à Paris et chez Humanitas à Bucarest a deux ambitions. La première : faire découvrir au public occidental une ville qui renaît de ses cendres, une ville qui n’est pas visible dans les articles de journaux ou à la télévision. La deuxième ambition : aider les Bucarestois à redécouvrir et à aimer leur propre ville. Ce n’est qu’en aimant une ville qu’on arrive à la respecter et à lui donner le visage dont on rêve. Ce n’est pas rien car le visage d’une ville est le reflet de notre propre visage. Ce livre est un miroir de ce que j’ai trouvé intéressant dans Bucarest. Il s’agit du portrait de 24 personnes qui vivent à Bucarest et qui me font sentir fier d’habiter moi-même cette ville.
     
    IF: Quel article rêvez-vous d'écrire sur la Roumanie et que mettriez-vous dans le « chapeau » ?
     
    Je n’ai jamais rêvé d’écrire un article particulier sur la Roumanie. Quand je travaille, j’écris, je ne rêve pas. Autrement dit, l’article dont je rêve est toujours celui que je suis en train d’écrire.
     
    IF: Qu'est-ce que ça change de vivre en France et de retourner vivre en Roumanie ?
     
    J’ai vécu longtemps en France, suffisamment de temps pour intégrer le mode de vie français. C’est essentiel pour mon travail car j’écris toujours pour un public français et francophone. On ne peut pas sentir le public français en lisant des livres sur la France, il faut vivre au même rythme et se confronter aux mêmes problèmes pour comprendre un public. Aujourd’hui, je passe plus de temps en Roumanie. C’est un pays qui commence à peine à remonter la pente, un pays qui a encore besoin d’une dizaine d’année pour se remettre sur les rails. Je vis bien à Bucarest parce que je me projette dans la ville qu’on aura dans dix ans et ça aide à digérer un quotidien encore difficile pour la plupart des Roumains. Je suis très content de vivre cette expérience.
     
    IF: Comment la Roumanie sera-t-elle après le Sommet de la francophonie ? Comment la Roumanie peut-elle bénéficier de cet événement et de sa signification? Mais Bucarest ?
     
    Je crois que le Sommet de la francophonie a eu en Roumanie l’impact que les Roumains ont voulu lui donner. Si on se limitait au traitement médiatique de ce sommet dans la presse roumaine je dirais que l’effet de cet événement a été plutôt exécrable. Heureusement, la Roumanie n’est pas faite que de journalistes frustrés et incompétents. Les Roumains ont développé une relation d’amour et de haine avec les Français. Il est peut-être temps de se regarder en face et de réapprendre à se tolérer. Les Roumains pourraient apprendre beaucoup de choses des Français mais les rapports passionnels entre ces deux peuples les empêchent de communiquer et échanger en toute sérénité. C’est dommage car les Roumains ont plus à perdre que les Français dans ce cercle vicieux. Le Sommet de la francophonie n’a pas réussi à briser ce cercle.
     
    IF: Si Bucarest était le « petit Paris » entre les deux Guerres, comment le nommeriez-vous maintenant, après le dégel ?
     
    Je commence à en avoir un peu assez de ce cliché de « petit Paris ». C’était valable avant que les communistes défigurent cette ville. Aujourd’hui Bucarest est ce que nous faisons tous les jours de lui. Malheureusement, l’actuelle administration ne comprend pas la respiration de cette ville et on risque de la défigurer une deuxième fois en sacrifiant ces beautés cachées sur l’autel d’un business effréné. Après les « bloc » de Ceausescu, la ville risque de tomber prisonnière des grandes tours à l’américaine plantées au milieu de quartiers faits de maisons à l’échelle humaine. Je rêve du jour où les Bucarestois seront capables de sortir dans la rue pour demander des élections anticipées à la mairie et faire comprendre qu’aucun maire n’a le droit de jouer avec leur ville. Je ne nommerais pas Bucarest autrement que Bucarest d’autant que la légende du berger Bucur donne à cette ville la signification de « ville de la joie ». J’aime bien l’idée de vivre dans une ville qui a comme référence sonore la joie.
     
    IF: Quel est votre motto ?
     
    Un petit texte de la Kabbale : « Attention à tes pensées car elles deviendront paroles. Attention à tes paroles car elles deviendront faits. Attention à tes faits car ils deviendront habitudes. Attention à tes habitudes car elles deviendront caractère. Attention à ton caractère car il deviendra destin. »

  • L'accadémicien Basarab Nicolescu

    “Rolul diasporei este si de a promova in Romania o democratie impregnata de spiritualitate!”

  • Razvan Orasanu, un leader roumain qui peut aider les étudiants roumains!

     “Je connais  un ami qui est diplômé de Harvard et qui veut revenir en Roumanie - j'espère que parmi vous je vais en trouver beaucoup d'autres qui veulent faire la même chose.”(interview en intégralité)

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  • Henri Chapier et les vrais liens franco-roumains

    Interview avec Henry Chapier, Président de l'Institut pour le dialogue des cultures et auteur du film documentaire "Printemps Roumains" qui fait une vrai fresque des mentalités des roumains dans le moment de l'intégration de la Roumanie à l'Union européenne.

    Interview Francophone: Quelle est l’histoire de votre relation avec la Roumanie ?
    Henry Chapier:

    Mon père – avocat international détaché auprès de la Légation de France dans les années 30 – se trouvait à Bucarest pour établir les contrats franco-roumains pour la Compagnie Française des Pétroles, et d’autres sociétés collaborant à l’installation du réseau téléphonique roumain de l’époque. De ce fait, je suis né à Bucarest, où mes parents sont revenus de Vienne vers 1938 pour d’autres missions.En 1946, mon père a été chargé de défendre les terrains de l’Ambassade et de régler le problème des indemnités dues par le gouvernement roumain jusqu’à l’arrivée des communistes au pouvoir.Pour ma part, je suis parti pour mes études à Paris.En 1973, je suis revenu en Roumanie comme journaliste, envoyé spécial de « Combat » pour le voyage officiel de Giscard d’Estaing. En 1992, je suis venu tourner pour France 3 une émission de 52 minutes intitulée la Roumanie en analyse.J’ai également réalisé « le Divan » de Petre Roman, et plus tard celui de l’ambassadeur roumain à Paris M. Paleologlu.Enfin, le Printemps roumain que vous avez vu, et que j’ai réalisé en Juin 2006 pour T.V.5. et « Public-Sénat » a été diffusé au moment de l’adhésion de la Roumanie à l’Union Européenne fin Décembre 2006.

    Interview Francohone: Comment résumez-vous l’évolution des mentalités roumaines ?
    Henry Chapier:

    Après la chute du mur de Berlin, l’aspiration de la jeunesse roumaine à une vie libre et plus stimulante sur le plan économique a changé le climat de résignation d’avant.Il reste que pour une grande partie de la population, l’inégalité économique demeure, et qu’il y a désormais une seule référence, à savoir l’argent.

    Interview Francophone: Qui sont, pour vous, les Roumains et quelle compatibilité et différence avec le projet européen ?
    Henry Chapier:

    Trop fascinés par le modèle américain, les Roumains ont parfois livré leurs ressources aux sociétés étrangères qui leur ont apporté le « know how ».Le problème de la corruption n’est pas encore réglé, ce qui inquiète l’Union Européenne.

    Interview Francophone: Quelle est l’image européenne des Roumains et  comment a-t-elle évolué les derniers temps ?

    Henry Chapier: Les médias occidentaux ont trop tendance à souligner les aspects négatifs, notamment dans le domaine social, et l’ignorance des journalistes conduit l’opinion à confondre les Roms et les Roumains.

    Interview Francophone: Pouvez-vous donner un conseil pour les cadres roumains en France et pour ceux qui sont en Roumanie et veulent partir en Europe ? Quel conseil avez-vous pour les Français qui sont en Roumanie ?

    Henry Chapier:
    Les cadres roumains compétents vont être tentés par un retour au pays, si les salaires augmentent. Ceux qui sont décidés à venir en Europe doivent savoir que l’on exige un haut niveau de qualification. Pour les Français à la tête de sociétés installées en Roumanie, le problème de la délocalisation se posera d’ici quelques années en raison de la concurrence des pays asiatiques dont la main-d’œuvre est à plus faible coût. Autrement dit, plus le niveau économique du pays se rapprochera de l’Occident, moins l’idée de venir s’installer en Roumanie paraître profitable...

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Les reccomandations du Forum 2007


 

European Congress for a Sustainable Development of Romania

 

 

Agenda Congrès Européen pour un développement durable de la Roumanie - 2008  


 

2008- Conférence de presse Roumanie au CAPE  - Maison de la Radio 

 

 Ministre Attila Korodi et le Président de l'Accadémie Roumaine, M. Ionel Haiduc, à la conférence de presse organisée par le Club de Bucarest Celidea à Paris (avril 2008)

 


 

2006- Conférence de presse Roumanie au CAPE  - Maison de la Radio
 

Dr. Ing. Florin Paun, le fondateur du Club de Bucarest CELIDEA et Ilie Nastase, l'invité d'honneur de la conférence sur l'image des roumains en Europe qui recoit le Prix du Congrès de Paris pour son role dans la promotion de la Roumanie en Europe (2006) 
 
 

 

 

 

 

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